Nancy, ses neuf Portes

Victime de la guerre de cent ans, des attaques répétées du royaume de France et du Duché de Bourgogne, la ville de Nancy est menacée et occupée à plusieurs reprises. Ainsi, du XIe siècle au XVIIIe siècle, avec l’extension progressive de la ville, ses enceintes de protection sont maintes fois déplacées, remaniées, et modernisées. Les portes constituent à la fois des voies d’accès menant à l’intérieur de la ville et des protections permettant le contrôle des entrées et des sorties des hommes et des marchandises.

Des neuf portes créées à Nancy, il n'en subsiste aujourd’hui que huit.

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 porte de la Craffe

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Unique vestige des fortifications médiévales, la porte de la Craffe fut érigée dès la seconde moitié du XIVe siècle, sous le règne du duc Jean 1er de Lorraine (1346-1390). Elle complétait le système défensif de la petite cité nancéienne et était l'unique entrée située au Nord de la ville-vieille de Nancy.

 

La porte centrale, surmontée d'une croix de Lorraine date du XIVe siècle est d'un style résolument gothique. L'ensemble fut complété au XVe siècle par deux gigantesques tours rondes abritant des prisons. 

Au XVIIe siècle, la porte fut surmontée d'un toit avec lanternon et masquée par un porche de style classique, restauré dans un style gothique au XIXe.

Dans un document daté du 5 février 1405, elle est dénommée "Porte de la Craif", puis dans le courant du XVe siècle, Craffe, Graffe, Lescraffe. La porte de la Craffe est un des édifices les plus marquants de Nancy. Elle a traversé le temps en changeant constamment de forme et de fonction, même si elle fut toujours une prison.

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 porte de la Citadelle

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La porte de la Citadelle est une porte de Nancy de style Renaissance, délimitant les quartiers de la Ville-Vieille et du Faubourg des trois maisons, à quelques mètres de la Porte de la Craffe.

 

À l'origine nommée Porte Notre-Dame, elle fut élevée en 1598 par Florent Drouin le Jeune entre les bastions le duc et le marquis appelés ainsi en hommage du duc Charles III, et de son fils le marquis de Pont.

 

Souhaitant renforcer la défense de la Porte de la Craffe, Charles III demanda à Orféo Galeani la construction des deux bastions à oreillettes.

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 porte Saint-Georges

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Cette porte, érigée au début du XVIIème siècle sous le règne du duc Henri II, est l'une des trois portes de Nancy créées lors de la construction de la ville-neuve. Avec la porte Saint-Jean, elle délimitait un large axe de communication Est-Ouest.

 

La façade monumentale, d'ordre toscan, est surmontée d'un fronton couronné d'une statue de Saint-Georges, sculptée par Florent Drouin. De part et d'autre sont disposées des statues allégoriques de Jean Richier représentant la guerre et la paix. À la base du fronton sont placées des statues de sphynges.

 

La contre-façade présente la physionomie assez sobre d'un bâtiment renaissance.

Occupée depuis 140 ans par l'association Cercle du Travail, restaurée entre 2013 et 2015, la porte dispose également d'un théâtre de verdure.

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 porte Désilles

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La porte Désilles est érigée sur la place de Luxembourg dans le prolongement nord du cours Léopold et de l'esplanade du Souvenir-Français.

 

La porte Neuve fut construite entre 1782 et 1784 par l'architecte Didier-Joseph-François Mélin à l'initiative du comte de Stainville, commandant en chef de la Lorraine.

Elle devait fermer la perspective du cours Léopold et ouvrir sur la route de Metz. Elle fut aussi voulue monument à la mémoire des Nancéiens morts pour l'indépendance Américaine, durant la bataille de Yorktown. Elle porta les noms de porte Saint-Louis, porte Stainville, et prit finalement le nom du lieutenant Désilles en mémoire de sa mort tragique lors de « l'affaire de Nancy ».

Classé Monument historique depuis 1925, et plus ancien monument aux morts de l'hexagone, le mémorial Désilles, actuellement en rénovation, sera inauguré à l'occasion du 11 novembre 2018.

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 porte Saint-Nicolas

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La première porte Saint-Nicolas fermait l'extrémité Sud de la Ville-Vieille de Nancy, là où désormais s'élève la célèbre Place Stanislas. La porte donnait sur la rue Saint-Nicolas, à l'époque faubourg, c'est-à-dire hors les murs.

 

Lors de la création de la ville-neuve, celle-ci fut détruite et le nom fut alors donné à la nouvelle porte, construite entre 1603 et 1608, située le plus au sud de la nouvelle ville, toujours en direction de Saint-Nicolas-de-Port. Le fronton est décoré des armoiries du duc René II, entourées d'aigles dont l'un couronne une tête de chevalier (symbole de la victoire). Ceci fait référence à la bataille de Nancy, en 1477, où René II vainquit les troupes de Charles le Téméraire.

La porte  a perdu sa fonction d’ouvrage de défense lors de la démolition des remparts en 1698 et du mur d’octroi durant le XVIIe siècle. En 1749, Stanislas installe dans les logements situés au-dessus de la porte une école gratuite qui deviendra en 1831 la première école primaire municipale de la ville.

 

En, 1848 l'espace intérieur de la porte fut ouvert, il n'en reste donc plus que les façades.

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 porte Stanislas

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Érigée au xviiie siècle, la porte Stanislas, ainsi que la porte Sainte-Catherine, s'inscrit dans le plan urbanistique voulu par Stanislas Leszczyński.

De style néo-classique, cette porte est construite à l'origine par l'architecte Héré qui a réalisé également la place Stanislas. Trop instable, la porte sera vite remplacée par celle qui est visible actuellement et réalisée en style dorique par l'architecte Richard Mique en 1761.

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 porte Sainte-Catherine

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Cette porte, ainsi que la porte Stanislas, s'inscrit dans le plan urbanistique voulu par Stanislas Leszczyński.

 

Elle fut construite en 1761. De style dorique, l'architecte en est Richard Mique qui bâtit également à proximité la caserne Sainte-Catherine. La porte est dédiée à la femme de Stanislas : Catherine Opalinska, mère de la Reine de France Marie Leszczyńska.

 

Initialement la porte était beaucoup plus proche de la place Stanislas. En 1768, elle fut déplacée de 300 mètres, au-delà de la caserne Sainte-Catherine lorsque celle-ci fut achevée afin de l'inclure dans le mur d'enceinte de la ville.

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 arc Héré

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L'arc Héré, dessiné par Emmanuel Héré, est construit sur l'emplacement de l'ancienne Porte Royale édifiée par Louis XIV. Celle-ci est détruite en 1752 par Stanislas et les travaux d'édification de l'arc se déroulèrent de 1753 à 1755.

À l'origine l'arc était relié aux remparts par des galeries, le sommet de l'arc faisait partie du chemin de ronde pour satisfaire aux exigences du gouverneur militaire, le Maréchal de Belle-Isle.

Ayant lui-même un rôle de fortification, l'arc est très large. La muraille qui l'entourait a été abattue vers 1772 à l'est (Pépinière) et en 1847 à l'ouest (place Vaudémont).

Isolée, la porte devint alors un véritable arc de triomphe.

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 porte Saint-Jean (disparue)

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La porte Saint-Jean, à l’opposé de la porte Saint-Georges, conduisait à la Commanderie Saint-Jean. Sa construction s’étala de 1604 à 1620. Elle présentait deux façades et une cour intérieure avec arcades.

 

Cinq baies dont une seule ouverte en 1762, se trouvaient sur la façade extérieure séparées par des pilastres doriques. Un entablement orné de triglyphes portait les initiales H (pour Henri II) et M (pour Marguerite de Gonzague, sa femme), des obélisques, les armes d’Elysée d’Haraucourt, gouverneur de Nancy, décoraient cette façade. Cette dernière fut fortement modifiée en 1762.
Trois baies composaient la façade intérieure, la baie centrale étant entièrement ouverte.

 

Le musée lorrain a conservé plusieurs éléments décoratifs des façades.


La partie extérieure de la porte fut détruite d’abord en 1868-1869 alors que le quartier de la gare était en pleine expansion puis la partie intérieure fut abattue en 1874 pour faciliter le passage du premier tramway hippomobile.