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le Building
Construit à la fin des années 1950, le Building Joffre témoigne du renouveau architectural de Nancy après-guerre. Imaginé par l’architecte Jean Bourgon, cet immeuble illustre l’évolution de la ville vers une modernité faite de lignes épurées et de nouveaux modes d’habitat.
Découvrez son histoire...
![]() 1959 : construction de l'immeuble | ![]() 1959 : construction de l'immeuble |
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![]() 1959 : construction de l'immeuble | ![]() 1961 : le building et le quartier Saint-Sébastien |
![]() 1961 : le building et le quartier Saint-Sébastien |
25, Bd Joffre Nancy
Le Building Joffre : premier "gratte-ciel" résidentiel de Nancy.
Un symbole de la ville moderne
À la fin des années 1950, Nancy change de visage. La ville s'étend, les automobiles sont de plus en plus nombreuses et les abords de la gare deviennent une vitrine de la modernité.
C'est dans ce contexte qu'est lancé le Building Joffre, un immeuble qui tranche complètement avec les constructions traditionnelles du centre-ville.
Le chantier débute en janvier 1959, comme en témoignent plusieurs photographies de Claude Bardot montrant les fondations et l'élévation de la structure.
L'œuvre de Jean Bourgon
Le Building est l'une des dernières réalisations de Jean Bourgon (1895-1959), figure majeure de l'architecture nancéienne. On lui doit notamment :
le siège historique des Fonderies de Pont-à-Mousson, plusieurs bâtiments universitaires, la cité universitaire de Monbois, de nombreux immeubles modernes de Nancy. Le Building Joffre est achevé après son décès, survenu en août 1959.
Pourquoi l'appelle-t-on "Building" ?
Aujourd'hui le mot paraît banal. Mais en 1959, c'est tout autre chose. Employer le mot anglais Building est un choix marketing. Il évoque immédiatement New York, les gratte-ciel américains, le confort moderne, une nouvelle façon d'habiter. À cette époque, on ne parle presque jamais de « résidence ». On vend un Building, synonyme de prestige. Les Nancéiens adopteront très vite cette appellation, qui est restée jusqu'à aujourd'hui.
Une architecture très américaine
Même s'il ne mesure « que » 46 mètres, il impressionne énormément lors de son inauguration. Ses caractéristiques sont typiques des années 1960 (13 étages, façade parfaitement symétrique, balcons réguliers, grandes baies vitrées, commerces au rez-de-chaussée, spectaculaire toiture débordante qui protège les derniers appartements). Cette immense casquette de toiture constitue encore aujourd'hui sa signature visuelle.
Une adresse recherchée
Le Building offre alors un confort rarement rencontré (ascenseurs, chauffage collectif, appartements lumineux, vue dégagée sur toute la ville). Depuis les derniers étages, les habitants découvrent un panorama exceptionnel sur la vieille ville, la basilique Saint-Epvre, les côtes de Moselle, les Vosges par temps clair.
Un voisin qui lui vole la vedette
Quelques années plus tard apparaît la tour Joffre–Saint-Thiébaut, haute de plus de 80 mètres. Peu à peu, celle-ci attire toute l'attention. Pendant des décennies, beaucoup de publications mélangeront les deux bâtiments, allant jusqu'à attribuer au Building l'histoire de la tour ou inversement. Cette confusion perdure encore aujourd'hui dans certaines bases documentaires.
Un immeuble discret… mais important
Le Building Joffre n'a jamais cherché à battre des records. En revanche, il marque une étape essentielle dans l'évolution architecturale de Nancy :
- il annonce les grands ensembles des années 1960,
- il introduit un habitat vertical de standing,
- il participe à la transformation du quartier de la gare.
Il constitue en quelque sorte le lien entre le Nancy de la reconstruction et celui des Trente Glorieuses.





