Quand Stanislas lègue sa Fortune
![]() | ![]() |
|---|---|
![]() |
Cour d'Appel - Nancy
À la fin de sa vie, Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine et de Bar depuis 1737, se préoccupe de l’avenir de sa famille et de son patrimoine. Son testament, rédigé peu avant sa mort en 1766, constitue un témoignage intéressant sur ses dernières volontés.
Stanislas, alors âgé de 88 ans, sait que la Lorraine ne restera pas dans sa famille. Par le traité de Vienne de 1738, il avait obtenu le duché à titre viager : à sa mort, la Lorraine doit revenir à la France. Son testament ne peut donc modifier ce destin politique.
Il organise en revanche la transmission de ses biens personnels, notamment de ses meubles, objets précieux, livres et collections. Il manifeste également son attachement à sa famille, en particulier à sa fille Marie Leszczynska, épouse du roi Louis XV, ainsi qu'à ses petits-enfants.
Stanislas meurt à Lunéville le 23 février 1766. Conformément aux dispositions qui régissaient son duché, la Lorraine devient alors définitivement française.
Son testament appartient ainsi aux derniers documents témoignant de la présence de la dynastie polonaise des Leszczynski en Lorraine. Au-delà de la transmission de ses biens, il marque symboliquement la fin d'une époque : avec la disparition de Stanislas s'achève le règne du dernier duc de Lorraine indépendant avant l'intégration définitive du duché au royaume de France.
le testament de Stanislas est surtout remarquable par les nombreux legs destinés à sa cour, à ses serviteurs et aux œuvres et institutions qu’il avait fondées. Le document comporte 42 pages de 690 dispositions :
• Stanislas explique en préambule qu’il souhaite, après sa mort, continuer à rendre heureux ceux qui étaient attachés à son service, en laissant « à celles qui en auront le plus besoin » une ressource et « à tous en général » une marque de son souvenir.
• Une partie importante de ses liquidités est destinée à verser une année complète de gages aux officiers et domestiques de sa Maison encore à son service au moment de son décès.
• Il prévoit également des dispositions en faveur de fondations et institutions religieuses qu'il avait soutenues pendant son règne, notamment les chanoines réguliers de Saint-Remi de Lunéville et les Jésuites.
• Au moment de son décès, sa cassette personnelle contient encore 581 200 livres, dont la distribution commence dès mars 1766.
• Son testament ne concerne pas les biens attachés au duché de Lorraine : Stanislas n'en dispose qu'à titre viager. Il porte essentiellement sur sa fortune personnelle, ses rentes, ses meubles et ses fondations.
Le testament original est toujours conservé à Nancy, à la Cour d'appel, où il est arrivé en 1766 et n'a pratiquement jamais quitté l'ancien hôtel de Beauvau.



