le Saviez - Vous ?

Derrière beaucoup de légendes, de traditions et expressions se cachent bien souvent des anecdotes surprenantes, amusantes ou historiques.

En voici quelques éclaircissements qui vous étonneront  certainement !!

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  étonnante Porte "Masco"   !!

 

Le palais des Ducs de Lorraine est riche d'une entrée majestueuse, la porterie, dont l'asymétrie est due à la présence d'une petite porte piétonne à gauche que l'on nomme la porte « Masco ». Connaissez-vous l'origine de cette appellation ?

Hé bien, le duc Léopold, alors allié à la Suisse, avait récupéré un ours Helvète du nom de Masco. L’animal était en cage juste à l’entrée de cette petite porte, qui conserva alors son nom. Pour l’anecdote, un petit garçon serait rentré dans la cage de l’ours en plein hiver 1709, pour se protéger du froid, et l’ours l’aurait blotti contre lui au lieu de le dévorer !

Le tympan de la porte est orné des armoiries ducales soutenues par deux anges potelés. On retrouve sur les pieds-droits des motifs analogues à ceux de la porte principale, et des oiseaux fantastiques décorent les chapiteaux.

 

Autre légende, au sommet de la flèche de cette porte se trouve un petit singe portant l’habit de moine… On raconte qu’un moine Cordeliers ne cessait de critiquer l’avancée de cette porte qu’il jugeait trop moderne et qui ne respectait pas la tradition. Las de ces critiques, le sculpteur aurait alors caricaturé le moine, reconnaissable à sa capuche et sa bible à la main !!

  Tribunal Administratif ou  ...?

 

Lors de la construction de la Place Royale, les façades de la Place de la Carrière furent remodelées en alignement, sauf celle de l'actuelle Cour d'Appel, hôtel particulier construit par Germain Boffrand au début du XVIIIème siècle pour Marc de Beauvau-Craon. Stanislas demanda à son architecte, Emmanuel Héré d'en réaliser une copie juste en face, aujourd'hui occupé par le Tribunal Administratif.

Stanislas, qui voulait encourager le commerce dans sa Ville, et qui connaissait les risques encourus par les négociants, offrit cet Hôtel au Corps des Marchands. Le 26/08/1752 fut posée la première pierre de ce qui allait être "La Bourse des Marchands", où se traitaient toutes les affaires relatives au Commerce.

Ainsi en témoignent les cinq monogrammes de la balustrade en fer forgé, inscrits dans un médaillon circulaire. La lecture de l'ensemble fait apparaître l'identité originelle de la construction : « La Bourse » : "LA" - "BO" - "VR" - "SE".

Le médaillon central présente l'Archange Michel terrassant le dragon, et patron des corps de métiers qui utilisent la balance comme pesée des marchands. Aux deux extrémités du balcon, un double 4, dont l'un inversé, rappelle que ce chiffre avait valeur de talisman contre la peste.

  Arcade perdue  dans ce mur ?

 

Connaissez-vous mon histoire, moi qui suis oubliée dans le mur de cet immeuble, rue des Frères Henry ?

En réalité, j'appartiens au passé de l'Hôtel de Fontenoy. A l'origine, cet Hôtel réalisé en 1722 par Germain Boffrand, bénéficiait d'une cour, d’un jardin d’agrément et d’un potager entièrement clos. In fine, la ville de Nancy en acquiert la propriété en 1922. Il est occupé depuis 1988 par la Cour Administrative d'Appel

En 1920, l’élargissement de la rue de la Craffe nécessite de réduire de près de moitié la superficie des communs du fond de la cour et d’amputer une partie du jardin. En 1935, ce jardin, qui tombait à l'abandon, est transformé pour partie en un square public (le square Bichat), et pour le reste par l'actuelle rue des Frères Henry.

Il ne subsiste donc de ce jardin que le mur du fond qui était agrémenté d’une arcature aveugle sommée de vases. On suppose que la fontaine située aujourd’hui en fond de cour, pourrait provenir soit des anciens communs (détruits) soit du fond du jardin, où elle aurait pris place au centre de cette arcade toujours visible rue des Frères Henry.

  Vous avez dit  "Tétramorphe" ?

 

Qui sont ces quatre sculptures ailées, de garde sur le parvis de la  basilique Saint-Epvre ?

C'est le tétramorphe, du grec tétra, quatre et morphé, forme. 

 

Autrement dit la représentation des quatre évangélistes (Jean, Luc, Marc et Matthieu), sous leur apparence ailée symbolique :

- pour saint Jean, l'aigle représente l'Ascension,

- pour saint Luc, le taureau, symbole du sacrifice, représente la Passion,

- pour saint Marc, le lion qui est censé dormir les yeux ouverts, représente la résurrection,

- l'homme pour saint Matthieu, représente l'Incarnation.

Cette représentation est inspirée de la vision d’Ezéchiel et par la description des quatre vivants de l’Apocalypse.

On retrouve également le tétramorphe parmi les sculptures de la porterie du palais ducal. Quatre petites figurines, usées par le temps, symbolisent du haut de la porterie les quatre évangiles.

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  la Place ... Anonyme   ?

 

En 1751, Stanislas décida la réalisation de l'ensemble architectural constitué de la place Stanislas et de la Carrière, à la fois pour rendre hommage au roi de France Louis XV, son gendre, et permettre la réunification des deux Nancy, la Ville-Vieille médiévale et la Ville-Neuve du duc Charles III.

Ainsi, au départ la place s'appelait "Place Royale" et la statue de Louis XV y siégeait en son centre sur le piédestal actuellement occupé par la statue de Stanislas, inaugurée le 6 novembre 1831.

On retrouve sur les façades des quatre bâtiments (Hôtel de la Reine, Opération National, Musée des Beaux Arts et pavillon Jacquet) l'inscription gravée dans la pierre « PLACE », la suite étant effacée par martèlement. En fait, « ROYALE » a été effacé durant la révolution, la place étant rebaptisée en 1792 « place du Peuple ».

La place a pris ensuite d'autres appellations, pour finalement devenir la place Stanislas, en reconnaissance au duc Bienfaisant, Stanislas Leszczyński, roi de Pologne déchu et dernier duc de Lorraine et de Bar.

  connaissez-vous ce Mascaron de l'Opéra   ?

En architecture, un mascaron est un ornement représentant généralement un masque, une figure humaine, parfois effrayante dont la fonction originale était d'éloigner les mauvais esprits afin qu'ils ne pénètrent pas dans la demeure.

 

Ainsi 161 mascarons anonymes, situés au dessus des portes et fenêtres, cernent la place Stanislas et ses voies d'accès. Pourtant, il en est un, rue Sainte Catherine sur une façade de l'opéra, qui est l’effigie d'un illustre personnage.

Il s'agit de Joseph Hornecker (1873 - 1942), architecte nancéien, qui a fait partie du courant de l'École de Nancy.

En 1906, le Théâtre de la Comédie, situé à l'emplacement actuel du musée des Beaux Arts, disparaît dans un incendie. Pour sa reconstruction, on opte alors pour un concours d'architecture, dont le lauréat sera Joseph Hornecker. Il réalisera l'actuel Opéra en ne conservant que les façades originales du bâtiment XVIIIème.

Ce mascaron, clin d’œil ou signature de Joseph Hornecker ?

 

  des Méridiennes, place Stan !!

 

« Vous, qui passez sans me voir ...

Chaque jour, des milliers de personnes passent à côté de moi, sans soupçonner ma présence. Pourtant, je suis située juste au-dessus de vos têtes sur le pavillon Jacquet, à l’angle de la place Stanislas et de la rue Gambetta, et cela depuis 1758 !! ».


Je suis une méridienne, équipement réalisé par l'étonnant horloger Michel-Joseph Ransonet, qui permettait au XVII et XVIIIème siècle de régler ses montres peu précises, sur le midi solaire.

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Une seconde méridienne est également présente place Stanislas. Située au-dessus de la brasserie Jean Lamour, à l'angle de la rue Héré, elle a été construite en 1840 par un ingénieur Lunévillois nommé Jeandel, qui a remplacé un précédant cadran solaire de 1771.

 

  au n°4, rue de la Garenne ?

« La Garenne », bâtisse de style traditionnel située au n°4 rue de la Garenne, fut construite en 1873 par Charles Gallé, père d'Emile Gallé.

C'est dans le jardin de cette maison familiale, qu'Emile Gallé cultivait essences locales et exotiques. Ces plantes lui servaient de modèles pour ses œuvres et lui permettaient d’assouvir sa passion botaniste.

 

En 1877, Gallé est élu secrétaire de la Société centrale d'horticulture de Nancy. La ville est alors animée d'une importante activité horticole, immortalisée à travers le vaste répertoire naturaliste de l'Ecole de Nancy.

En 1878, il fit construire de nouveaux fourneaux et des ateliers de décoration à quelques centaines de mètres de sa propriété.

« La Garenne », encore existante, est dépouillée de ses jardins fastes et touffus qui symbolisaient le milieu dans lequel grandit Emile Gallé.

 

  qui sont ces Bustes de  l'Hémicycle ?

De part et d'autre du Palais du Gouvernement, leur présence nous intrigue. Qui sont ces témoins des plus grandes heures de l’histoire de la ville, qui bordent la place du Général de Gaulle ?

Pour clore la magnifique perspective constituée par la place Stanislas et la place de la Carrière, Emmanuel Héré imagine un palais plein d’élégance qui répond à celui de l’Hôtel de Ville. Pour parfaire cette unité urbaine, il relie le palais aux deux derniers hôyels de la place (celui de Héré et celui de Morvilliers), par deux hémicycles et souligne l’ensemble d’une même colonnade.


Entre les colonnes, des personnages veillent sur la place. De mêmes proportions, les bustes, posés sur des consoles, semblent identiques. Pourtant à bien y regarder, ils sont tous différents.

 

A la Révolution, en 1792, les Fédérés ont abattu ces bustes. Ils ont été refaits par Labroise et Lépy sous la Restauration.

coté Ville-Vieille

(de gauche à droite)

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#1 Hébé : déesse de la jeunesse et de la vitalité, montrée avec deux carafes et deux coupes.

coté parc de la Pépinière

(de gauche à droite)

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#1 Jupiter : dieu du ciel, maître des dieux, représenté avec aigle, sceptre et éclair

 

  qu'arbore  la Flèche de la Tour de l'Horloge ?

Construite vers 1510-1513 en même temps que la Porterie et le reste de l'aile Antoine le Bon du Palais ducal, cette tour s'appelait alors "Tour du Paradis", peut-être en raison de la riche décoration dorée qui orna dès lors son sommet. Son but principal était de permettre l'accès à la Galerie des CerfsEn 1532, un étage lui fut ajouté et une nouvelle charpente installée. La tour fut couverte d'ardoises, et dotée de la haute flèche édifiée sans doute à cette époque, puis rénovée en 1557. Le 4 août 1577, sur ordre du duc Charles III, on y installa une horloge. La tour prit alors son nom définitif de "Tour de l'Horloge".

Vers 1760, sa charpente vieillissant, la ville de Nancy, devenue propriétaire de l'édifice, abattit la flèche. Ainsi, la flèche originelle et son décor furent perdus. Paradoxalement, c'est l'incendie de 1871 qui permit sa restauration tant souhaitée par Emile Boeswillwald. La nouvelle flèche revêtue de plomb devait culminer à 25 mètres.

Si la Tour de l'Horloge a aujourd'hui une certaine célébrité chez les Nancéiens et les visiteurs du musée, ce n'est pas tant pour son escalier ou son horloge disparue que pour sa flèche dorée visible depuis de nombreux points de la ville.

Et qu'est devenue l'horloge de la tour, bonne question !!  

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Tour de l'Horloge

La Tour de l'Horloge est surmontée d'une flèche très ornementée composée de bas en haut figurent :

  • des alérions, pour le duché de Lorraine,

  • une croix de Lorraine entourée d'une couronne de laurier,

  • une couronne ducale inspirée de celle de Charles III alternant petits et grands fleurons,

  • des chardons, symbole de la ville de Nancy rappelant la victoire de 1477 sur le Téméraire,

  • la girouette.

Lorsqu'en 1872, Emile Boeswillwald décida de rétablir ces éléments, il accentua la symbolique lorraine et nancéienne.

 

  comment est  Mort le Téméraire ?

Les Nancéiens connaissent bien la place de la Croix de Bourgogne. On y circule en voiture, on la contourne, mais sans souvent savoir la raison de ce nom ni l'origine de cette stèle érigée en son centre, qui porte gravée en son sommet, la croix de Lorraine !

C'est là, pourtant, le 5 janvier 1477, que prit fin, dans les glaces de l'ancien étang Saint-Jean, le rêve d'un grand royaume qui entendait relier la mer du Nord au Rhône et à la Méditerranée : le royaume de Bourgogne.

 

Le duc de Bourgogne Charles le Téméraire, puisqu'il s'agit de lui, possédait déjà Flandre, Picardie, Artois, Franche-Comté, Alsace et bien sûr la richissime Bourgogne : pour établir la jonction entre ses États, il ne manquait donc plus dans son escarcelle que la farouche Lorraine...

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  ces Etranges Pavés ?

le pavé "étoilé"

place Stanislas

10 avril 2005, une boîte destinée aux générations futures a été enfouie sous la place Stanislas, lors de sa rénovation.

 

Le coffret de plomb abrite une météorite lunaire (offerte par le laboratoire du CRPG/CNRS de Nancy), les portraits de 1360 nancéiens, le livre d'Or de la Ville paraphé par 800 nancéiens et les ouvriers qui ont œuvré à la rénovation de la place, ainsi qu'une édition spéciale de L’Est Républicain.

« Un p'tit peu de lumière sous la terre ».

C'est ce qui figure en lettres d'or, avec un gros soleil, sur la couverture du fort volume contenant les pensées, maximes et dessins des Nancéiens, collectés depuis 2004. La position de cette boîte, signalée par une étoile, se situe en partant depuis la 1ère marche du piédestal de Stanislas à 7 pas vers l'arc Héré, puis 2 sur la gauche.

 

  armoiries du  Blason de la ville de Nancy ?

Figurent sur le blason, de gauche à droite :

- les bandes blanche et rouge représentent les armes d'Hongrie,

- sur fond bleu, des fleurs de lys avec un bandeau rouge (royaume de Naples),

- la croix jaune sur fond blanc (royaume de Jérusalem),

- les bandes jaune et rouge (les armes d'Aragon),

- un cadre rouge à fond bleu et des lys (royaume d'Anjou),

- les deux lions jaune et noir représentent les lions des ducs de Gueldres et de Juliers,

- les deux bar représentent les armes des ducs de Bar,

- sur le tout, le blason de la Lorraine.

- le chardon est le symbole de l'énergique résistance des lorrains à leurs envahisseurs, selon la devise de la Lorraine « Qui s’y frotte s’y pique » 

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  que montre le Doigt  de Stanislas ?

Certains esprits mal placés vous diront qu’il indiquait le quartier des prostituées anciennement situé en Ville-Vieille.

La version "historique" explique que l'index du dernier duc de Lorraine pointe l’effigie de son gendre Louis XV, sur le médaillon en bas-relief au cœur de la sculpture dorée de l’Arc Héré.

Mais une rapide observation fait apparaître clairement que le doigt du roi de Pologne ne montre pas l'effigie de Louis XV, mais dérive à gauche du médaillon.

Une équipe de l’IGN, menée par Daniel DENISE en 2004, a cherché à trouver une réponse scientifique à cette question essentielle !! On découvre alors que le doigt et le regard de Stanislas pointent dans une direction.

En scrutant cet "ailleurs", le regard se prolonge vers ce mystérieux itinéraire " La ligne géodésique ", et vous entraîne dans une rotation complète autour de la terre avant de revenir au point de départ : Stanislas.

Toutefois l'index devait montré le médaillon de Louis XV, du moins c'était l'intention de départ du concepteur et des commanditaires. Les raisons du défaut d'orientation sont multiples : statue plus grande que prévue, suppression du socle en marbre, mauvaise conception et orientation de l'index,... 

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  origine du Sapin de Noël ?

Son origine très lointaine remonte à plus de 1200 ans avant JC.

 

Fin du VIIème siècle, sa légende fait référence à la prédication de Saint Boniface qui le déclara "l’arbre de l’Enfant Jésus".

Au XIIème siècle, la tradition du sapin apparaît en Alsace, où on le mentionne pour la première fois comme « arbre de Noël » vers 1521.

C’est en 1738 que Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, roi de France, et fille de Stanislas Leszczynsky, duc de Lorraine, aurait installé un sapin de Noël dans le château de Versailles.

En 1837, la duchesse d’Orléans Hélène de Mecklembourg, fit décorer un sapin aux Tuileries.

Cette tradition se généralisa après la guerre de 1870 dans tout le pays grâce aux immigrés d’Alsace-Lorraine qui firent largement connaître la tradition de l’arbre de Noël aux Français.

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  légende de Saint-Nicolas ?

L’histoire raconte que le personnage est inspiré de Nicolas de Myre, également appelé Nicolas de Bari, né à Patare en Asie Mineure, entre 250 et 270 après J-C, et décédé le 6 décembre, en 345 ou en 352, dans la ville portuaire de Myre en Asie Mineure. On lui prête le miracle d’avoir ressuscité trois enfants tués par un boucher.


En 1087, les croisées récupérèrent les reliques de Saint Nicolas, conservées à l'église de Myre, pour les transporter à Bari en Italie. Puis un chevalier lorrain récupéra un de ses doigts pour les amener à Port. qui devint lieu de pèlerinage, et fut rebaptisée Saint Nicolas de Port.

En 1477, lors de la bataille de Nancy, René II implore saint Nicolas de l’aider à remporter la victoire. Aussi, quand son adversaire Charles le Téméraire meurt, il fait du saint le Patron de la Lorraine et édifie une basilique en son honneur. Depuis, la légende populaire s’est accrue autour du saint, fêté chaque année avec ferveur le 6 décembre. La ville de Saint-Nicolas-de-Port le célèbre par une traditionnelle procession aux flambeaux. Du fait du miracle de la résurrection de trois enfants, Saint Nicolas devint le protecteur des enfants, et le saint patron des Lorrains.

 

  l'histoire de la Galette des Rois 

Nous connaissons tous la galette des rois depuis notre tendre enfance !! Ce gâteau est traditionnellement élaboré et consommé dans une majeure partie de la France, au Québec, en Acadie, en Suisse, au Luxembourg, en Belgique et au Liban à l'occasion de l'Épiphanie,fête chrétienne. Ainsi, les Français en achètent près de 20 millions entre le 26 décembre et la fin janvier. Mais d'où nous provient cette tradition ?

la couronne

Attribut de la royauté, il y avait des couronnes dès le XVe siècle, en plomb et étain avec dessus le nom des Mages et des fleurs de lys. Or elles ne servaient pas pour 'le roi boit'. En fait, elles protégeaient les pèlerins et voyageurs, à l'image des rois mages.

la fève

Les premières fèves ont été mises dans les gâteaux des rois car elles étaient symbole de fécondité (la fève est le premier légume poussant au printemps, soit après le solstice d’hiver). On la retrouve au 14° siècle où pour la première fois à Besançon, des moines ont commencé à élire leur chef de chapitre en mettant une pièce d’or dans un morceau de pain. Le pain a ensuite été remplacé par une couronne de brioche (les gourmands !) et la pièce d’or par une fève (plus économique !). 

Sous Louis XIII, les dames de la cour tiraient la fève pour devenir reine d’un jour et pouvaient demander un vœu au roi. A la même période s’est développée la coutume du « roi boit ». Celui qui tirait la fève se devait d’offrir une tournée à l’assemblée. 

En 1875 apparaissent les fèves en porcelaine de Saxe. En 1913, celles des ateliers de Limoges. Au début, il s'agissait de poupées, puis de baigneurs puis de bébés emmaillotés, signe de fécondité. Ont suivi des symboles de chance et des animaux. Au début du XXe siècle, apparaît la première fève publicitaire, puis 1960, les premières fèves en plastique.

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une coutume ancienne

La galette des rois est à l'origine liée aux célébrations du solstice d'hiver, propice aux divinations. Elle tire son origine non pas à la chrétienté, mais des Saturnales (fêtes romaines célébrant le dieu Saturne, durant lesquelles les Romains désignaient un esclave comme « roi d'un jour ». Jusque dans les années 1960, la fête de l'Épiphanie correspondait au jour où les rois mages, guidés par la lumière d'une étoile, arrivèrent jusqu'à Jésus, dans l'étable où il est né, C'était un jour férié qui tombait le 6 janvier. Mais depuis Vatican II (1962-1965), l'Épiphanie est célébrée le 1er dimanche suivant le 1er janvier. Mais bien souvent, on savoure la galette durant tout le mois de janvier ! 

C’est autour du 13°-14° siècle qu’apparaissent les premières traces de gâteau du partage lors de l’Epiphanie (partagé en nombre de parts des présents plus une, la part du pauvre). La tradition d’envoyer l’enfant le plus jeune sous la table, censé être le plus innocent, viendrait également à cette même époque.

Les galettes se sont largement diversifiées ces dernières années, laissant l’imagination et le marketing inventer des variantes plus ou moins heureuses: galette au chocolat, aux pommes, aux rillettes… Malgré tout, la galette frangipane reste la star des ventes: 80% des galettes achetées sont fourrées à l’amande. Alors, bonne dégustation !! Mais avec près de 500 calories aux 100 grammes, dont plus de 30 grammes de graisse et 40 grammes de sucre, est-ce bien raisonnable juste après les fêtes ?